iad immobilier | Audrey Plessis
4 min de lecture · Audrey Plessis

Mon bureau a quatre roues et un porte-gobelet

Ce matin, mon café a refroidi dans la voiture, quelque part entre une signature à Coutances et un avis de valeur à Agon-Coutainville. Je ne l'ai pas bu, comme souvent. Mais je n'avais ni permanence à tenir, ni réunion à 9 heures, ni personne à qui demander la permission de décaler mon après-midi. Ce billet s'adresse à celles et ceux qui travaillent en agence, qui aiment profondément ce métier, et qui se demandent parfois, le dimanche soir, s'il existe une autre façon de l'exercer.

D'abord, un mot pour les agences

Je tiens à le dire avant tout le reste : les agences forment des professionnels remarquables. Beaucoup des meilleurs conseillers que je connais y ont appris le métier, la prospection, la rigueur d'un mandat bien rédigé et l'art de tenir une visite sous la pluie. La vitrine, l'équipe, le collègue qui dépanne quand on est débordé : tout cela a une vraie valeur.

Certains s'y épanouissent pleinement, et ils ont bien raison d'y rester. Cet article n'est pas pour eux. Il est pour ceux qui sentent que le cadre est devenu un peu étroit.

La liberté, c'est d'abord un agenda

Quand les conseillers qui sortent d'agence me racontent leur quotidien d'avant, j'entends souvent les mêmes mots : permanences, astreintes du samedi, réunions obligatoires, objectifs fixés par quelqu'un d'autre.

En devenant indépendant, l'agenda change de propriétaire. Vous décidez quand vous travaillez, et surtout quand vous ne travaillez pas. Une visite à 19 heures parce que c'est le seul créneau de l'acquéreur ? Vous la faites. La sortie d'école à 16 h 30 ? Vous y êtes aussi. Personne ne vous demande de justifier un mardi après-midi passé à prospecter un quartier plutôt qu'assis derrière un bureau.

Ma seule réunion obligatoire, désormais, c'est celle que je tiens avec moi-même le dimanche soir. Je précise que je suis une collègue très exigeante.

Le bureau, c'est là où sont les clients

Je n'ai plus de bureau au sens classique. J'ai une voiture, un téléphone, un ordinateur et une table de cuisine. Le reste du temps, je suis là où mon métier se fait vraiment : dans le salon d'un vendeur, sur le perron d'une longère, au téléphone avec un acquéreur qui hésite.

Cette légèreté change tout. Quand je veux tester un nouvel outil, une nouvelle façon de présenter un bien ou une idée un peu folle pour mes réseaux sociaux, je n'ai pas besoin d'un feu vert. Je l'essaie lundi, je regarde ce que ça donne mercredi, et je garde ou j'abandonne vendredi. L'agilité, ce n'est pas un mot de séminaire, c'est simplement l'absence de file d'attente entre une idée et son exécution.

Entrepreneur, oui. Seul, non.

Devenir mandataire, c'est créer sa propre activité. Vous êtes agent commercial indépendant, vous construisez votre clientèle, votre réputation, votre façon de travailler. Votre rémunération dépend directement de votre activité, et non d'une grille décidée ailleurs.

Mais indépendant ne veut pas dire isolé. Le réseau apporte le cadre juridique, les outils, la formation et la diffusion des annonces. Et au quotidien, il y a l'équipe. Dans la Rocket Team, on partage nos acquéreurs, nos doutes, nos bonnes idées et quelques fous rires. La machine à café de l'agence a simplement été remplacée par un groupe de discussion, ouvert à toute heure et nettement moins bruyant.

Ce que je vous dois en toute honnêteté

Je ne vais pas vous vendre un monde sans nuages, nous sommes en Normandie.

Il n'y a pas de salaire fixe. Les premiers mois demandent de l'énergie, de la patience et une trésorerie de côté. Personne ne viendra vous réveiller le lundi matin : la discipline, c'est vous. Il faudra aussi apprivoiser un peu d'administratif, la comptabilité, les cotisations, ce genre de réjouissances.

Et le revers de la liberté, c'est qu'il n'y a plus personne à qui reprocher un mauvais mois. Pour certains, c'est éprouvant. Pour d'autres, c'est exactement ce qu'ils cherchaient.

Pour qui est fait ce modèle

Pour ceux qui, en agence, travaillent déjà comme des entrepreneurs sans en avoir le statut. Pour ceux qui aiment le terrain plus que le bureau, l'autonomie plus que la hiérarchie, et qui ont envie de construire quelque chose qui leur ressemble.

Si vous avez besoin d'un cadre fixe pour donner le meilleur de vous-même, ce n'est pas un défaut. C'est une information précieuse, et elle mérite d'être respectée.

Questions fréquentes

Faut-il de l'expérience pour devenir mandataire ?
Non, des conseillers débutent chaque année et sont formés. Mais une expérience en agence est un vrai atout : vous connaissez déjà le métier, il ne vous reste qu'à changer de façon de l'exercer.

Puis-je garder mes clients en quittant mon agence ?
Tout dépend de votre contrat. Certains prévoient une clause de non-concurrence ou de non-sollicitation. Relisez-le attentivement, et faites-vous conseiller si besoin, avant de faire quoi que ce soit.

Comment est-on rémunéré ?
À la commission, sur les honoraires des ventes que vous réalisez. Il n'y a pas de fixe, mais pas de plafond imposé non plus. Le meilleur moyen d'y voir clair est d'en parler franchement, chiffres en main, avant de vous décider.

Le café refroidit, mais je décroche

Si vous lisez ces lignes entre deux permanences, avec un café qui tiédit sur le bureau de l'agence, on peut en parler, sans engagement et sans discours tout fait. Le mien refroidit dans la voiture. Mais je décroche quand même.

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