iad immobilier | Audrey Plessis
4 min de lecture · Audrey Plessis

Du profilage à l'immobilier : ce que ma reconversion m'a appris

Pendant des années, mon travail a consisté à comprendre ce que les gens ne disent pas. Profiler criminologue, puis coach et formatrice. Le jour où j'ai annoncé que je devenais conseillère immobilière, j'ai vu quelques sourcils se lever. Pour beaucoup, c'était un virage à 180 degrés. Pour moi, c'était surtout la suite logique. Mais il y a quelques petites choses que j'aurais aimé savoir avant de me lancer.

On n'arrive jamais les mains vides

Quand on change de métier, la première peur, c'est de tout recommencer. J'avais cette peur-là aussi. Et puis, lors d'une de mes premières visites, j'ai vu un couple se taire en entrant dans une chambre, se regarder une demi-seconde, et repartir vers le salon un peu trop vite. De longues années de lecture comportementale venaient de me dire quelque chose que l'annonce ne disait pas.

Chacun arrive avec son bagage. Un ancien commercial sait relancer sans être lourd. Une ancienne infirmière sait rester calme quand une succession devient tendue. Un ancien artisan voit en trois secondes si une charpente a souffert. Avant de faire la liste de tout ce que vous ne savez pas, faites celle de ce que vous savez déjà. Elle est souvent plus longue qu'on ne croit.

Le métier s'apprend

Je n'avais aucun diplôme en immobilier, et ce n'est pas obligatoire pour commencer. Les mandats, les diagnostics, le financement, le droit : tout cela s'apprend, et plutôt bien quand on est formé et accompagné. Et c'est tout l'avantage d'un réseau : avoir toujours quelqu'un sur qui s'appuyer pour obtenir des réponses.

Ce qui ne s'apprend pas vraiment, c'est l'envie d'aller vers les gens et la curiosité pour leurs histoires. Si vous aimez ça, le reste suivra.

Les premiers mois, parlons-en franchement

Je ne vais pas vous raconter que tout arrive tout seul. Les premiers mois, on se fait connaître, on décroche ses premiers mandats, on organise ses premières visites, et on attend. Entre la signature d'un mandat et l'encaissement d'une commission, il se passe souvent plusieurs mois. C'est normal, mais il vaut mieux le savoir avant.

Mon conseil : préparez le terrain. Gardez un peu de trésorerie de côté, renseignez-vous sur vos droits si vous êtes demandeur d'emploi, et si c'est possible, commencez à temps partiel pour tester. Se reconvertir, ce n'est pas sauter dans le vide, c'est construire un pont.

Indépendant, mais pas tout seul

C'est la grande crainte de beaucoup de personnes que je rencontre : se retrouver seul face à un client, un compromis ou une négociation qui coince. Je la comprends. Dans la Rocket Team, la question qu'on n'ose pas poser trouve toujours quelqu'un pour y répondre, souvent quelqu'un qui s'est posé exactement la même trois mois plus tôt. On partage les bonnes nouvelles, les galères, et beaucoup de fous rires.

Ce qui change au quotidien

Je n'ai plus de patron. Mon agenda m'appartient : une visite à 19 heures parce que c'est le seul créneau de l'acquéreur, je la fais, et la sortie d'école aussi. En contrepartie, personne ne viendra me chercher le lundi matin. La discipline, c'est moi. Il faut aimer ça.

Quatre questions à vous poser avant de vous lancer

Est-ce que j'aime vraiment le contact humain, y compris quand il est compliqué ?

Est-ce que je peux accepter des revenus irréguliers au début ?

Est-ce que je sais m'organiser sans qu'on me fixe un cadre ?

Est-ce que j'ai encore envie d'apprendre ?

Si vous répondez oui à la plupart, vous avez déjà l'essentiel. Pour le reste, on est là.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour devenir conseiller immobilier indépendant ?
Non. Une formation est assurée au démarrage, puis tout au long de l'activité, comme le prévoit la loi ALUR.

Peut-on démarrer à temps partiel ?
Oui, c'est possible pour tester le métier, à condition d'y consacrer du temps chaque semaine.

Combien de temps avant les premiers revenus ?
Cela dépend de chacun et du secteur. Comptez en général plusieurs mois entre les premiers mandats et les premières commissions.

Je n'ai pas changé de métier, je l'ai emmené avec moi

On me demande parfois si mon ancien métier me manque. Pas vraiment : je l'exerce encore, simplement dans des salons plutôt que dans des salles d'audition. Si je devais vous donner un seul conseil, ce serait celui-là : ne cherchez pas à devenir quelqu'un d'autre. Cherchez l'endroit où ce que vous êtes déjà fait la différence.

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